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Des abeilles dans la cheminée

Des abeilles dans la cheminée

Des abeilles dans la cheminée

Des abeilles dans la cheminée : urgence ou simple visite de printemps ?

Recevoir des abeilles dans la cheminée, ce n’est pas seulement une anecdote originale à raconter à ses amis. C’est surtout une situation où il faut réagir avec méthode, sans panique, et sans faire n’importe quoi avec des insecticides. Entre le risque d’incendie, le miel dans les murs et la protection des pollinisateurs, le sujet mérite de prendre 10 minutes pour bien le comprendre.

Dans cet article, je vais vous expliquer :

Toutes les situations décrites ci-dessous sont issues de cas réels rencontrés sur le terrain, chez des particuliers comme chez des collectivités.

Identifier la situation : essaim de passage ou colonie installée ?

La première question à se poser est simple : êtes-vous face à un essaim de passage ou à une colonie installée dans la cheminée ? La réponse va conditionner la suite.

Un essaim, c’est un groupe d’abeilles qui quitte une ruche ou une colonie pour en fonder une nouvelle. Il se déplace en « grappe » autour d’une reine. Une colonie installée, c’est un nid stable, avec des rayons de cire, du couvain (larves, œufs) et des réserves de miel.

Quelques indices pour faire la différence :

Si vous le pouvez, observez 5 à 10 minutes depuis une fenêtre ou de l’extérieur, sans vous coller à la cheminée. Une simple vidéo de 30 secondes peut aussi aider l’apiculteur que vous appellerez ensuite à poser un premier diagnostic.

Les bons réflexes dès que vous repérez des abeilles dans la cheminée

Avant de parler de solutions, voyons les gestes à adopter immédiatement. Ils sont simples, mais peuvent éviter des gros problèmes par la suite.

Ces premières actions permettent de stabiliser la situation en attendant de voir ce qui est réellement faisable.

Ce que peut faire un apiculteur sur une cheminée : trois scénarios typiques

Sur le terrain, je rencontre grosso modo trois types de cas dans les cheminées. Les solutions possibles dépendent à la fois de l’état de l’abeillage et de l’accès au nid.

Cas 1 : un essaim posé à l’extérieur, sur ou près de la cheminée

Bonne nouvelle : c’est le cas le plus simple à gérer, à condition d’intervenir rapidement, idéalement dans les 24 heures.

Concrètement, l’apiculteur va :

Dans ce cas, les abeilles ne construisent généralement pas encore dans la cheminée. Une fois la colonie récupérée, il n’y a plus d’abeilles, et vous pouvez passer à la phase « prévention » (voir plus bas) pour éviter une réinstallation.

Cas 2 : colonie installée dans le conduit ou le boisseau

C’est de loin le cas le plus fréquent… et le plus délicat.

Les abeilles apprécient les conduits de cheminée anciens, les tubages inutilisés, les boisseaux mal bouchés. Le conduit offre un abri sec, chaud, protégé des prédateurs, avec un bon volume pour installer des rayons de cire.

Signes typiques d’une colonie installée :

Dans ce cas, l’accès au nid est souvent le vrai problème. L’apiculteur ne peut pas « aspirer » ou « appeler » une colonie installée au fond d’un conduit étroit et sinueux. Il faut souvent une ouverture mécanique.

Les options possibles sont alors :

Dans tous les cas, l’état du conduit devra être contrôlé après l’intervention. Des rayons de cire restés en place peuvent fondre l’été suivant et provoquer :

C’est pourquoi, même si la colonie meurt d’elle-même (hiver rigoureux, maladie, famine), je recommande toujours une inspection et un nettoyage de la cheminée avant de la remettre en service.

Cas 3 : cheminée inutilisée, colonie en place depuis plusieurs années

Il n’est pas rare de découvrir une colonie d’abeilles installée depuis 2, 3, parfois 5 ans dans une cheminée que plus personne n’utilise. Le propriétaire s’en rend compte par hasard : quelques abeilles dans la chambre, un couvreur qui voit un va-et-vient suspect sur le toit, une fuite de miel dans un mur…

Dans ce type de cas, la colonie est souvent très développée :

Les points de vigilance sont alors les suivants :

Dans ces situations, on est presque toujours obligé de passer par une opération combinée :

C’est plus lourd qu’une simple récupération d’essaim, mais c’est l’option qui règle réellement le problème sur le long terme.

Pourquoi il ne faut pas « attendre que ça passe » sans rien faire

On me demande souvent : « Si je ne m’en occupe pas, elles vont partir d’elles-mêmes, non ? ». La réponse est : parfois oui, mais souvent non, et rarement sans dommages.

Dans les deux cas, vous gardez un conduit potentiellement problématique pour un futur usage, et une source d’ennuis possibles à moyen terme.

Mon conseil : dès que vous avez un doute sur la présence d’abeilles dans une cheminée, faites au moins établir un diagnostic par un professionnel (apiculteur, ramoneur sensibilisé, entreprise spécialisée). Ensuite, vous décidez en connaissance de cause.

Prévenir l’installation des abeilles dans une cheminée

Une fois la colonie retirée (ou l’essaim récupéré), la vraie question est : comment éviter que la cheminée ne serve d’hôtel à abeilles tous les printemps ?

Voici quelques pistes concrètes, à adapter selon la configuration de votre installation.

Dans les maisons anciennes, une bonne partie du travail consiste à « cartographier » les anciens conduits, souvent oubliés, qui font des cheminées de vrais gruyères à abeilles, guêpes et autres locataires.

Abeilles, guêpes ou frelons : comment ne pas se tromper ?

On parle souvent d’« abeilles » dès qu’un insecte jaune et noir vole autour d’une maison, mais ce n’est pas toujours le cas. Identifier correctement l’insecte permet de savoir qui appeler.

Si vous avez un doute, prenez une photo nette de profil (en restant à distance raisonnable) et envoyez-la à un apiculteur, une association naturaliste ou un service communal. La plupart du temps, un simple cliché suffit pour trancher.

En résumé : comment décider quoi faire chez vous ?

Pour finir, voici une sorte de « check-list mentale » à suivre si vous découvrez des abeilles dans votre cheminée :

Les abeilles dans une cheminée ne sont ni un drame, ni un détail sans importance. Avec quelques bons réflexes et l’intervention des bonnes personnes, on peut à la fois sécuriser la maison, éviter des travaux plus lourds plus tard, et souvent sauver une colonie utile à la pollinisation. C’est tout l’enjeu : gérer le problème concrètement, sans oublier que derrière le bourdonnement, il y a un rôle écologique précieux.

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