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Nourriture pour coccinelle : que mangent-elles vraiment ?
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La coccinelle est souvent présentée comme « l’amie du jardinier ». C’est exact, mais à une condition : lui fournir ce qu’elle cherche réellement à manger. Une coccinelle ne se nourrit pas de feuilles, ne vit pas uniquement de quelques gouttes de miel et ne restera pas durablement dans un jardin simplement parce qu’on y a installé un abri.

Son alimentation dépend de l’espèce, de son stade de développement et de la présence de proies. Pour la plupart des coccinelles de nos jardins, le menu principal est composé de pucerons. Mais il existe plusieurs nuances importantes, notamment pour les larves, qui sont les véritables prédatrices de la saison.

Le puceron : la nourriture principale des coccinelles

Chez les espèces européennes les plus courantes, comme la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), les pucerons représentent la ressource la plus recherchée. Ces petits insectes aspirent la sève des plantes et se regroupent souvent en colonies sur les jeunes pousses, sous les feuilles ou autour des boutons floraux.

Une coccinelle adulte peut consommer plusieurs dizaines de pucerons par jour lorsque les conditions sont favorables. Une larve bien développée est parfois encore plus vorace. Sur une période de quelques semaines, une seule larve peut éliminer plusieurs centaines de pucerons, selon l’espèce, la température et la densité de proies.

Ce sont donc les larves, souvent moins appréciées parce qu’elles ne ressemblent pas à l’insecte adulte, qui assurent une grande partie du travail de régulation. Elles sont allongées, noires ou grisâtres, avec des taches orange ou jaunes et de petites excroissances sur le dos. Beaucoup de jardiniers les prennent pour des parasites et les écrasent. C’est une erreur fréquente.

  • La larve de coccinelle se déplace sur les plantes à la recherche de pucerons.
  • Elle ne mange pas les feuilles et ne cause pas les dégâts observés sur les pousses.
  • Sa présence indique généralement qu’une colonie de pucerons est proche.
  • Elle doit être conservée, même si son aspect paraît peu sympathique.

Avant d’intervenir, observez donc la plante. Un insecte noir et orange qui se déplace rapidement sur une colonie de pucerons est peut-être votre meilleur auxiliaire du moment.

Que mangent les coccinelles adultes ?

La coccinelle adulte consomme elle aussi des pucerons, mais son régime peut être plus varié. Elle recherche parfois des cochenilles, des aleurodes – les petites mouches blanches présentes sous les feuilles – ou encore des acariens. Certaines espèces consomment également des œufs et de jeunes larves d’autres insectes.

Il ne faut toutefois pas généraliser à toutes les coccinelles. La famille des Coccinellidae comprend de nombreuses espèces, avec des régimes alimentaires différents. Certaines sont prédatrices, d’autres se nourrissent principalement de champignons, de pollen ou de végétaux.

La coccinelle à vingt-deux points, par exemple, est connue pour consommer des champignons responsables de maladies sur les feuilles, notamment des mildious. Elle ne se comporte donc pas comme la coccinelle à sept points, spécialisée dans la chasse aux pucerons.

Dans un jardin, la diversité des plantes et des insectes est essentielle. Une haie, une prairie fleurie et quelques plantes sauvages peuvent nourrir des espèces différentes à plusieurs périodes de l’année. Vouloir attirer « la coccinelle » comme s’il s’agissait d’un seul insecte conduit souvent à des conseils trop simplistes.

Les larves ont-elles les mêmes besoins que les adultes ?

Oui, les larves et les adultes consomment souvent les mêmes proies, mais les besoins sont particulièrement importants pendant la croissance larvaire. Une larve doit accumuler suffisamment de réserves pour effectuer ses mues, se transformer en nymphe puis émerger comme adulte.

La larve passe par plusieurs stades. À chaque mue, elle augmente de taille et sa consommation progresse. Si les pucerons disparaissent trop tôt, elle peut mourir de faim avant d’atteindre le stade nymphal.

C’est pour cette raison qu’une intervention insecticide mal placée peut avoir un effet durable, même si les adultes semblent encore présents. Le produit élimine les pucerons, mais aussi les larves et parfois les proies secondaires dont dépendent les coccinelles. Quelques jours plus tard, la colonie auxiliaire a disparu.

Sur le terrain, je conseille de distinguer deux situations :

  • Quelques pucerons sur une plante vigoureuse : il est souvent préférable de surveiller sans traiter.
  • Une infestation importante sur une jeune plante fragile : il faut réduire les dégâts, mais en privilégiant une méthode ciblée et compatible avec les auxiliaires.

Une plante peut supporter une petite population de pucerons. Dans bien des cas, cette présence suffit à maintenir les coccinelles dans le secteur et permet une régulation naturelle quelques jours plus tard.

Les coccinelles mangent-elles du miel ou du sucre ?

On voit parfois des conseils recommandant de nourrir les coccinelles avec du miel, de l’eau sucrée ou des fruits très mûrs. Ces aliments peuvent fournir une source d’énergie ponctuelle, mais ils ne remplacent pas les proies animales nécessaires à la majorité des espèces prédatrices.

Le nectar et le pollen peuvent compléter le régime des adultes. Ils sont particulièrement utiles lorsque les pucerons sont rares, pendant les périodes de déplacement ou après l’hivernage. En revanche, une larve ne pourra pas se développer correctement avec de l’eau sucrée ou du miel.

Si vous trouvez une coccinelle affaiblie à l’intérieur d’une maison, une goutte d’eau déposée sur le bord d’un récipient peut l’aider à se réhydrater. Évitez de verser du liquide directement sur son corps : elle risque de rester collée ou de se noyer.

Pour un élevage temporaire, le miel n’est donc pas une solution complète. Il faut surtout fournir une nourriture adaptée à l’espèce, ce qui signifie généralement des pucerons vivants.

Que donner à une coccinelle en captivité ?

Maintenir une coccinelle en captivité est possible pendant une courte durée, mais l’exercice est plus délicat qu’il n’y paraît. Un petit pot avec quelques feuilles et du sucre ne constitue pas un élevage viable.

La meilleure nourriture reste une colonie de pucerons prélevée sur une plante non traitée. Il faut renouveler régulièrement les tiges ou les feuilles, car les pucerons se dessèchent rapidement et la plante coupée perd sa qualité nutritive.

Quelques précautions sont indispensables :

  • Ne prélevez jamais de pucerons sur une plante traitée récemment avec un insecticide ou un produit systémique.
  • Utilisez un récipient aéré, fermé par une toile fine pour éviter les fuites.
  • Placez une tige fraîche portant des pucerons plutôt qu’une poignée d’insectes isolés.
  • Évitez l’exposition directe au soleil : la température peut monter très vite dans un petit récipient.
  • Ajoutez une très petite source d’humidité, sans créer de flaque.
  • Relâchez rapidement la coccinelle sur une plante infestée de pucerons, idéalement dans le même secteur où elle a été trouvée.

Les pucerons d’une plante peuvent aussi être parasités par des champignons ou exposés à des résidus de traitements. Une plante provenant d’une jardinerie n’est pas automatiquement sûre, même si elle paraît saine. Le prélèvement dans une zone connue et non traitée est préférable.

Les coccinelles mangent-elles toutes des pucerons ?

Non. C’est l’un des points les plus importants à retenir. La couleur rouge et les points noirs ne suffisent pas à déterminer le régime alimentaire d’une coccinelle. Certaines espèces sont spécialisées dans les cochenilles, les acariens ou les champignons. D’autres consomment une part importante de pollen et de nectar.

La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) est, elle aussi, une prédatrice de pucerons. Elle peut consommer une grande quantité de proies et présente une apparence très variable : rouge, orange ou noire, avec un nombre de points irrégulier. Elle entre parfois en grand nombre dans les bâtiments pour hiverner.

Cette espèce peut également consommer des œufs et des larves de coccinelles locales lorsque les proies manquent. Il est donc déconseillé d’acheter ou de déplacer des coccinelles sans connaître leur origine et leur identification. Introduire des auxiliaires dans un nouvel environnement n’est jamais un geste anodin.

Dans la plupart des jardins, il vaut mieux protéger les populations déjà présentes que chercher à en importer. Une gestion adaptée offre de meilleurs résultats et limite les risques pour la biodiversité locale.

Comment fournir naturellement de la nourriture au jardin ?

La méthode la plus efficace consiste à créer des conditions favorables aux proies et aux coccinelles. Un jardin parfaitement nettoyé, sans herbes spontanées et sans pucerons, est également un jardin pauvre en auxiliaires.

Laissez quelques plantes accueillir temporairement des pucerons. Les capucines, les fèves, les rosiers, les pruniers et certaines plantes sauvages peuvent servir de réservoirs alimentaires. Cela ne signifie pas qu’il faut laisser une infestation ravager les cultures. Il s’agit plutôt de tolérer une présence limitée sur des plantes vigoureuses ou secondaires.

Installez également des plantes mellifères pour les adultes. Le fenouil, l’aneth, la coriandre montée en fleurs, l’achillée, la tanaisie, les ombellifères et de nombreuses plantes sauvages produisent du nectar ou du pollen accessible aux petits insectes.

  • Échelonnez les floraisons afin de fournir des ressources du printemps à l’automne.
  • Évitez de tondre toute la surface du jardin en même temps.
  • Conservez des zones de refuge sous les haies, dans les feuilles mortes ou les herbes sèches.
  • Limitez les traitements généralisés, même lorsqu’ils sont présentés comme naturels.
  • Observez les plantes avant de décider d’intervenir.

Un hôtel à insectes peut offrir un abri, mais il ne nourrit pas les coccinelles. C’est une différence souvent oubliée. Une structure décorative ne remplacera jamais une ressource alimentaire régulière.

Les fourmis peuvent-elles empêcher les coccinelles de se nourrir ?

Oui. Les fourmis entretiennent parfois les colonies de pucerons pour récolter le miellat, un liquide sucré rejeté par ces derniers. Elles peuvent déplacer les pucerons, les protéger contre leurs prédateurs et repousser les larves de coccinelles.

Si vous observez beaucoup de fourmis autour d’une colonie de pucerons, la présence de coccinelles ne suffira pas toujours à rétablir l’équilibre. Il peut être utile de limiter l’accès des fourmis à la plante, par exemple en supprimant les ponts formés par des branches voisines ou en utilisant une barrière adaptée autour du tronc.

Les insecticides appliqués directement sur les feuilles sont rarement la meilleure première réponse. Ils éliminent souvent les pucerons, les coccinelles et d’autres insectes utiles en même temps. Une observation attentive permet parfois de corriger le problème sans traitement lourd.

Attention aux insecticides, même dits naturels

Le savon noir, les huiles, le pyrèthre ou certains produits à base de plantes ne sont pas automatiquement sans danger pour les coccinelles. Leur toxicité dépend de la substance, de la concentration, du moment de l’application et du contact direct avec l’insecte.

Un produit de contact ne fait pas la différence entre un puceron et une larve de coccinelle. S’il est pulvérisé sur une colonie où se trouvent des auxiliaires, les pertes peuvent être importantes. Les produits systémiques, absorbés par la plante, posent une autre difficulté : leurs résidus peuvent persister dans les tissus et affecter les insectes qui se nourrissent de la sève ou des parties végétales.

Avant toute application, vérifiez l’étiquette, la culture concernée, les organismes non ciblés et les délais de sécurité. Ne traitez jamais par habitude. Si une intervention est réellement nécessaire, ciblez les foyers, intervenez en dehors des périodes de forte activité et évitez les fleurs visitées par les insectes.

Le bon réflexe pour aider les coccinelles

Pour nourrir les coccinelles, il n’est généralement pas nécessaire de leur déposer du miel ou d’acheter un aliment spécial. Il faut surtout maintenir un environnement où elles trouvent des pucerons, du nectar, du pollen, de l’eau et des refuges.

Observez les larves avant de les confondre avec des ravageurs, tolérez les petites colonies de pucerons et réduisez les traitements non indispensables. Une coccinelle ne s’installe pas sur commande : elle vient lorsque le jardin lui offre une ressource suffisante et un endroit où rester.

La prochaine fois que vous verrez quelques pucerons sur une jeune pousse, regardez attentivement les feuilles voisines. Une larve hérissée de petites pointes est peut-être déjà au travail. Et dans ce cas, le meilleur geste du jardinier est parfois de ne rien faire pendant quelques jours.

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